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Trek au Népal

Cet article reprends les post de Jeanne et Guillaume sur le forum du club durant l’hivers 2003-2004...

mis à jour le 2 mars 2005

Voici les récits de notre petite aventure au Népal, en espérant que cela vous permettra de vous échapper de la torpeur de l’hiver...

Texte du 5 janvier 2004 :

Namaste everybody !

Bonne et heureuse année a tous ! Nous voila de retour sur Pokhara après un trip de 8 jours et nous nous empressons de vous envoyer des nouvelles... Ce n est qu une petite étape d’une journée avant de repartir pour de nouvelles aventures !

Le dimanche 28 décembre,

Nous sommes partis pour Tansen (7 heures de bus, pas super agréables vu que tous les népalais sont malades et vomissent par la fenêtre toutes les 10 minutes...). Pour nous, Tansen c’était le début de l aventure, le point de départ du vol-bivouac ; sur la carte, nous nous faisions déjà nos films (« on va taper la, puis on transitera ici pour passer pardessus ca... ») bref, on avait déjà prévu de faire minimum 50 bornes dès le premier jour !

Mais, le matin du départ, nous commençons à déchanter : aucune brise pour décoller et un gros voile qui empêche le soleil de chauffer... L’attente commence et 2 heures plus tard, n’y tenant plus, on se lance... Et la, c’est le drame ! Le plouf de la mort : 3 minutes après le décollage, nous sommes posés tout au fond de la vallée, le vario n’ayant bipe que 2 fois...En l’air, Jeanne hurle de rage ! Nous sommes complètement effondres, dégoûtés, déçus. Une foule de questions nous assaille : « peut être qu on aurait du attendre ? Peut être que c’est pas un bon coin ? Peut être que ça va être tous les jours comme ça et qu on n’arrivera pas à faire ce vol-bivouac ? » Guillaume pense qu’il est nul...

Bon, d’abord, on se pose et on fait le point : on va pas baisser les bras maintenant, des échecs ça arrive. En regardant la carte, nous décidons de pousser en bus jusqu a Sirkot, qui présente à nos yeux des reliefs beaucoup plus exploitables.

Le soir du 30,

Nous dormons dans un petit village près de la route. Les gens nous accueillent si chaleureusement que le moral remonte en flèche... La maison est tenu par deux sœurs dont les maris sont parti travailler à l’étranger pendant 3 ans (ils sont sensés faire fortune et revenir avec plein de sous...). Les trois petites filles (Susmita, Osmita et Binita) s’accrochent à Guillaume en l’appelant "Baba", leur papa leur manque ! Nous leur montrons les photos de la France (et de parapente) que nous avons apporte et en donnons une a chacun : ils sont ravi et nous posent un tas de questions... Mouna, qui n’a que 10 ans, est une petite fille très éveillée et parle super bien anglais : c’est un plaisir de dialoguer avec elle et elle nous apprend plein de mots en Nepali.

Apres un super bon Dal Bat (riz, soupe de lentille et légumes : mélanger le tout et manger avec les doigts) nous dormons comme des loirs (nous devions dormir dehors mais Eradika nous laisse sa chambre et ils dorment tous a l’étage, les uns sur les autres...)

Le 31 au matin,

nous prenons le bus pour Waling : nous passons les 3 heures de voyage sur le toit du bus car à l’intérieur c est bonde et tout le monde vomi ! Nous profitons donc du magnifique paysage, la traversée de la rivière Kali Gandaki, les montagnes himalayennes qui nous tendent les bras... A Waling nous prenons une jeep pour Sirkot, tout en haut de la montagne, ou nous savons qu’il y a un bon déco. Nous pensons en avoir pour 20 minutes, mais c’est au bout de 3 heures (et après de nombreuses frayeurs, surtout pour Guillaume qui est sur le toit) que nous arrivons à destination.

Il fait nuit, il fait froid, nous sommes fourbus et tout courbaturés mais super content ! Dans la jeep, nous avons fait connaissance avec un "teacher" qui nous propose de passer la nuit chezlui... Trop sympa ! c’est toujours comme ça d’ailleurs : les gens nous accueillent à bras ouverts et avec beaucoup de plaisir.

Il est un peu gêné car il vit dans une petite maison toute simple (en terre ocre et avec un toit de chaume, comme toutes les maisons dans les villages) et il nous sait habitués à plus de confort. Nous le rassurons tout de suite en lui expliquant que primo, c’est le but de notre voyage et que secundo, ce n’est pas la première fois que nous dormons chez l’habitant et qu’il nous reçoit super bien !

Nous arrivons en pleine nuit et personne ne semble trop surpris : c’est naturel d accueillir sans se poser de question. Le Dal Bat est vite près et ils nous le servent dans la chambre de notre hôte, sur une petite table. Nous pensons à nos amis en France en train de faire la fête du 31 janvier, sans nous... mais on est vraiment content d’être là !

Le lendemain, notre hôte refuse catégoriquement les roupies que nous souhaitons lui donner pour la chambre (il a dormi dehors !) et le repas. Nous culpabilisons un peu quand même... nous lui donnons une photo de parapente en souvenir, c est tout ce qu’il voudra bien accepter. Apres avoir dit au revoir a toute la famille, nous prenons le chemin du déco (2 heures de marche avec vue sur toute la chaîne des Annapurnas). Le déco est impeccable ; bonne petite pente bien exposée, c’est royal ! les conditions n’ont pas l’air mal non plus et nous commençons a faire des plans sur la comète : "et si on arrivait a rejoindre Pokhara aujourd’hui ?" mais nous n’osons pas trop y croire.

Nous arrivons a monter dans le thermique assez rapidement, mais les plafonds étant bas, il faut quand même insister avant la transition. Nous arrivons tout juste a raccrocher de l’autre côté de la vallée, mais là, on a beau faire, impossible de prendre un thermique convenable et nous nous faisons plomber jusqu’en bas... Tant pis, on aurait voulu faire plus mais au moins, ce n’est pas le plouf de Tansen.

Dans notre tête le vol bivouac a vraiment commencé ; maintenant c est "marche ou vole !". Nous reprenons nos sacs et d’un pas décidé nous nous engageons dans la vallée suivante. Au bout de deux heures, on commence quand même à être fatigués et la faim diminue nos forces (on a rien mangé depuis l’omelette de ce matin).

Nous cherchons un coin pour bivouaquer et découvrons l’endroit rêvé près d’une petite rivière. Alors que nous faisons du feu, trois personnes débarquent et commencent à nous faire peur avec des histoires de maoïstes : d’après eux, nous sommes en danger et ils sont très inquiets de nous voir camper tout seuls. En fait, ils se font un devoir de nous accueillir et ne comprennent pas notre envie de dormir dehors. Nous les rassurons sur notre sort et après pas mal de palabres, ils nous souhaitent bonne chance en nous proposant encore une foisleur aide.

La nuit il pleut et

au matin du 2 janvier,

nous sommes complètement dans le brouillard de la vallée. Le bois est trop humide pour se faire un thé. C est reparti pour une journée de marche ! En passant dans un village, nous nous arrêtons prendre un petit déj (chow-mein : spaghetti avec des légumes très épicés). Partout nous sommes l’attraction du jour.

Nous reprenons la route, c’est magnifique. En passant près de la rivière, nous ne pouvons résister à l’envie de se LAVER (enfin !). L eau est très fraîche mais ça fait du bien. Nous en profitons pour laver nos vêtements. frais et dispos, nous continuons la marche en compagnie de deux femmes qui nous guide vers Sirubari ou il y a une guest house. En arrivant au village, 4 heures plus tard, nous sommes crevés et content de profiter d un peu de confort (Dal Bat et bon lit !). Super soirée et excellente nuit.

Le lendemain, nous prenons la route après un petit déj très succinct (thé et biscuits). Nous marchons deux heures et trouvons un déco possible sur la crête. Nous faisons halte près d’un petit temple ou un groupe de femmes se reposent avant d’aller chercher du fourrage dans la jungle pour leurs buffles. Nous discutons un bon moment avec elles (l’une d elles parle super bien anglais et traduit pour les autres).

Le déco que nous avons repéré est à deux pas, mais il est envahi par les fougères. Nous nous attelons à le débroussailler à la main. Heureusement, un népalais nous aide avec sa petite machette : c’est très efficace ! Une heure plus tard, nous pouvons décoller dans les meilleures conditions. Nous trouvons des ascendances puissantes mais les plafonds sont toujours aussi bas. Nous arrivons tout de même a raccrocher en face et a remonter dans le nuage : Galem, de l’autre cote de la vallée, semble à portée d aile.

Malheureusement, après une belle transition, nous ne parvenons pas à remonter et sommes obligés d’atterrir au fond de la vallée. Tout de suite nous sommes envahis par les gamins du coin qui ne sont pas aussi sympa que d’habitude : ils nous hurlent dans les oreilles, nous posant mille questions et nous empêchant de plier. Ca devient fatiguant, Jeanne commence a s’impatienter et a s’énerver lorsque l’un deux lui jette quelque chose au visage en lui disant "tiens, singe !". Nous fuyons le groupe en prenant le chemin qui monte à Galem. C est vraiment dur de subir ce genre d ambiance, mais c’est la première fois ici.

Il se fait tard et le chemin est très raide. Cet évènement a jeté un froid et sape le moral. Jeannette a de plus en plus de mal à avancer mais il reste peu de temps avant la nuit. A mi chemin, elle est épuisée : nous n’avons mangé que deux tomates a midi et c’est l’hypoglycémie. Après une petite pause et des vitamines (quelques mandarines), ça va déjà mieux...

Nous arrivons au lieu de campement au coucher du soleil. Il y a pleins d’amis de Pokhara venu faire du para-trek avec l’école sunrise paragliding. C’est la liesse générale, nous sommes super content de les voir ici ! Nous sommes invités par Radjesh, le moniteur, à partager leur repas et faisons la fête le soir (danse et chants avec les habitants du village).

Au matin, nous sommes prêts pour rejoindre Pokhara en vol. Les conditions n’ont pas l’air mal. Nous décollons vers 13 heures et tout de suite, nous sommes au plafond. Afin, de transiter sur Pokhara, nous sommes obligés de monter dans le nuage (ça secoue pas mal !). Mais on y arrive : enfin un vol digne de ce nom, ça fait du bien (Guillaume se trouve moins nul...). Nous voila de retour a Pokhara city, ses hôtels, ses restaurants, son confort... et bien sur, Internet !

Demain (le 6 janvier), si les conditions sont bonnes, nous continuons le voyage vers Behi Sahar et Katmandou. Nous espérons vivre d’aussi bonnes rencontres mais, si possible, faire des vols un peu plus longs et marcher moins... Jusqu’à maintenant, c’est super ! Pourvu que çà continue... Nous vous tiendrons au courrant dès que ce sera possible. A bientôt, Guillaume et sa Jeannette (au fait, on est toujours amoureux !)

Jeanne et Guillaume, le retour !

Nous revoilà de nouveau à Pokhara : une petite étape avant de continuer le voyage... Nous en profitons pour vous faire part de nos dernières péripéties. Récit pris du journal de bord de Jeanne :

Jeudi 8 janvier :

BON !!! Ca fait 3 jour que nous sommes coincés à Pokhara ! Le problème ? Ca ne vole pas ! Enfin si, ça vole, mais juste de quoi se faire un petit plouf au dessus du lac... Tous les jours, nous partons, surmotivés, avec nos gros sacs, et tous les soirs, nous rentrons tout penauds a l’hôtel... La veille du départ, nous faisons de grands adieux a nos amis d’ici et tous les soirs nous dînons avec eux... Ca commence à être à la fois risible et désespérant ! En plus, ils se foutent tous de nous « Alors, sympa le vol-bivouac ? Ce soir vous plantez la tente dans la chambre ? »

Alors, aujourd’hui, on a pété les plombs : on a fabriqué un petit autel dedié a Ganesh (le dieu éléphant porte-bonheur) avec encens, statuette, bougies, drapeau a prière et on a imploré Ganesh afin qu il nous aide et nous envoie de bonnes conditions, qui montent !!! On espère qu’il nous aura entendus...

Vendredi 9 :

C est reparti ! Aujourd’hui, nous sommes monté a pied à Sarangot (deco de Pokhara) avec la ferme intention de continuer ce vol-bivouac : tant pis si ça vole pas, on marchera ! Et puis, miracle ! on arrive a monter juste assez au dessus du déco pour se jeter dans la vallée derrière. C’est sûr que le vol n’a pas duré longtemps (on a posé en bas, au bord de la rivière) mais au moins, on est de l’autre côté !

Nous plions nos affaires et décidons de monter a Dikie Danda, ou il y a un déco, afin de partir de la haut le lendemain. Sur le chemin, nous faisons route avec Laxmi (une jeune fille de 13 ans). Je profite d’une pause pour lui demander si nos pouvons dormir chez elle ce soir. Arrivés à la maison, elle demande à son père et, tout de suite, c’est OUI !

Comme d’habitude, nous sommes super bien accueilli, malgré le fait qu’ils semblent très démunis : toute petite maison avec une pièce, les 5 membres de la famille dorment tous ensembles sous les toits. Nous précisons que nous pouvons dormir dehors, mais ils ont déjà prévu de nous installer dans la cuisine. C’est cool, on sera au chaud !

De nombreuses personnes du village viennent nous rendre visite et nous passons un long moment à répondre à toutes leurs questions. Nous leur montrons les photos de parapente et de la France. Tout le monde est très curieux et les gamins sont très excités par notre présence.

Les deux frères surtout sont très bavards : ils ont l’impression que l’on comprendra mieux s’ils nous crient très fort dans l’oreille. Je leur explique que ce n’est pas indispensable et ils comprennent.

C est tout de même fatiguant d’être assailli de questions, nous n’aspirons qu’à deux choses : manger et dormir ! Afin d’agrémenter le Dal Bat du soir, ils nous proposent d’aller acheter une poule (coucoura ko massou, miam miam !). Ils ne doivent pas manger de la viande tous les jours et nous acceptons avec plaisir.

Samedi 10 :

Nous avons passé une très bonne nuit, bien au chaud. La « couche » était un peu dure (en bois) mais nous nous sommes servis du bi-place pour faire un petit matelas : impeccable ! Par contre, a 5 heures du matin, toute la maisonnée était déjà à pied d’œuvre : et que je te mette de l’encens pour la prière, et que je casse du bois, et que je fasse du feu... tout ça dans la petite cuisine, où nous dormons... On a beau essayer de faire les marmottes, c’est difficile dans ces conditions.

Allez, debout ! le jour se lève ! Au saut du lit, la maman nous sert le “breakfast” : du riz pilé avec du jus de canne a sucre. C’est très bon ! ça croque sous la dent. Après une toilette rapide dans la cour, nous avons aussi droit a une bonne ration de Dal Bat : de quoi tenir toute la journée. Avant de partir, nous leur donnons de quoi les dédommager de notre passage (nuitée et repas).

Nous montons au déco, suivi de tous les gamins du village. Ils commencent à être pénibles car ils se sont mis en tête de porter nos sacs (pour quelques roupies) et me demandent toutes les 5 minutes si je ne suis pas fatiguée... Au bout d un moment, je m’énerve : « Non je ne suis pas fatiguée, non je n’ai pas besoin d aide et non je ne donnerai pas de roupies ! Maintenant “Jam, jam” (aller, avancez !) et arrêtez de poser des questions ! »

Il faut dire que la pente est raide et que je m’essouffle vite à leur répondre. Arrivés en haut, nous demandons un peu de calme afin de nous concentrer sur la suite : le décollage et la vol. On a peur que se soit encore une journée pourrie car ça a l’air super stable.

Mais devant nous, les rapaces commencent à bien enrouler... Nous nous mettons en l’air et on a du mal à monter ; c’est surtout du soaring. On se voit déjà posés en bas dans la vallée lorsque Guillaume trouve un superbe thermique qui nous propulse bien haut ! On se laisse décaler sur le Green Wall (un mur de jungle) et on prend des bons thermiques. Youou ! nous voilà tout en haut ! c’est parti pour un super vol, un peu physique pour Guillaume mais on avance bien vite.

Par contre, au bout de 2h30 de vol, je commence à avoir envie de faire pipi... Je n ai pas eu le temps d y penser avant, avec les gamins si collants ! J’ai beau essayer de penser a autre chose, ça devient insupportable. C’est trop bête ! c’est le vol du siècle, ça monte partout et a cause de moi, il va falloir poser... J’essaye de trouver une solution pour faire pipi en l’air mais y a rien a faire : avec tout le matériel (caméra, appareil photo...) je suis trop coincée...

Ca devient vraiment urgent et nous repérons vite des terrasses à mi-pente, pas trop étroites et bien orientées. Bon, ça va être casse gueule, mais hors de question de poser tout en bas ! Nous posons (nous écrasons...) en faisant un rouler-bouler dans la poussière. Alors que je suis encore par-terre, j essaye de défaire les sangles de ma sellette en tremblant. Une fois libérée, je détalle comme un lapin : je ne peux plus me retenir. Les gens, qui forment déjà un attroupement, me regardent passer en courant, éberlués. Guillaume leur cri “toilet, toilet !” pour ne pas qu’ils me suivent. C’est trop drôle !

Lorsque je rejoins Guillaume, il est déjà entouré d’une foule de personnes. Mais ils restent à distance et sont vraiment tranquilles. Ils sont curieux mais respectueux. Ce vol était long et nous sommes déjà dans une autre région.

Les gens ont des traits un peu différents, plutôt typés tibétains ou mongols : ce sont des Gurung. Nous plions dans le calme et nous laissons guider vers le village. Nous demandons s’ils connaissent un endroit ou nous pouvons dormir et ils nous emmènent directement chez le chef du village. C est un vieux fort sympathique qui parle bien anglais. Il nous reçoit les bras ouverts, comme s’il nous attendait. C’est un vrai papa-poule, aux petits soins avec nous, et ça fait du bien.

Comme nous sommes très fatigués, nous demandons a faire une petite sieste : il nous installe comme ses propres enfants, dans une petite mezzanine sous les toits, avec un vrai matelas et des oreillers. Il frappera a la porte quand le dîner sera prêt... C’est comme “à la maison” et ça fait du bien !

Il vient nous chercher vers 19 heures et nous emmène a la cuisine : sa femme a une tête géniale ! un peu type nomade mongole, les pommettes saillantes et les yeux très bridés. Elle a des boucles d’oreilles ( 3 ou 4 de chaque côté) sur la partie supérieure de l’oreille et un foulard a la mode gurung, qui prend le front devant. Assise en tailleur, elle fume sa cigarette a l’intérieur de la main en touillant la soupe de lentille de l’autre et elle est pleine de sourires...

Ils nous servent le Dal Bat : il y en a pour tout un régiment ! Ils veulent nous resservir de tout alors que nous avons déjà du mal a finir notre assiette... Après ce repas, nous dormons comme des loirs.

Dimanche 11 :

Ce matin, c’est grosse toilette et lavage des cheveux à l eau chaude. Bien sûr, c’est l’attraction et tout le village vient nous regarder : les femmes veulent voir si ma couleur de cheveux va partir au lavage ! Elles sont persuadées que ce n est pas naturel.

Avant de partir, nous avons encore droit a une énorme ration de Dal Bat : à 9 heures du matin, c’est dur à avaler mais au moins, ça tient au corps pour la journée. Nous prenons la route afin de trouver un déco possible sur la crête. Malheureusement, il n’y a rien : partout, c’est la jungle et les terrasses sont vraiment trop impraticables. De toute façon, le ciel est voilé et ce n’est pas une bonne journée pour voler. Un peu déçu, nous décidons d’avancer quand même.

Dans la jungle, le chemin qui serpente le long des crêtes est magnifique ! c’est agréable et relativement plat (et frais). Nous faisons route avec des jeunes et leurs chèvres. Lorsqu’ils avancent plus vite, ils tracent des flèches au sol afin de nous indiquer le chemin... trop sympa !

Nous marchons durant 5 heures sans faire de vrais pauses et je commence à fatiguer (Guillaume voudrait continuer...). Nous débarquons dans un petit village et décidons de nous arrêter ici. Je regarde dans mon lexique comment on dit “Savez vous ou je peux dormir ce soir” en Nepali et pose la question à une jeune femme en train de laver son linge a la fontaine.

Apparemment, elle comprend et nous emmène directement chez elle. Dès qu’on arrive, elle nous installe (petite natte de paille sur le sol de la cour), nous propose un thé... Cet accueil est si naturel, presque instinctif : on ne s’y habituera jamais ! Le fait que nous parlions un peu Nepali aide vraiment car ici, personne ne parle anglais. La jeune femme (Matma) a 20 ans, une petite fille de deux ans, et son mari est parti 2 ans en Malaisie : il n’a jamais vu sa fille. Elle me demande si je peux la prendre en photo afin de l’envoyer a son mari pour qu il se souvienne d’elle et puisse connaître sa fille. Pas de problème ! C’est évident que je ne vais pas refuser, c est trop important pour elle...

La séance photo a lieu le lendemain, en grandes pompes. Encore une fois, tout le village est là. Matma s’est fait belle : elle a mis ses plus beaux habits Gurung et ses bijoux. Elle prend la pose devant sa maison avec sa petite fille : attention, c est très officiel (pas de sourire). Elle insiste ensuite pour que je revête a mon tour les habits gurung : ils ont envie de voir a quoi je ressemble habillée en femme... Je me plie volontiers aux essayages mais Guillaume s’impatiente : Allez ! il faut partir, il est déjà 9h30 !

Nous reprenons la route en pensant marcher encore toute la journée. Mais plus bas, nous trouvons des terrasses qui semblent propices au décollage. Il est encore tôt mais il y a déjà une 10aine de vautours qui enroulent juste sous nos yeux !!! Ca parait fumant... Nous décidons d’attendre un peu pour voir si la brise s’installe : c est quand même très casse gueule et il faudrait presque décoller sur place (enfin, se serait mieux).

Deux heures plus tard, on déplie le biplace en poussant un peu les buffles qui squattent le “déco”. Allez ! on est surmotivés, ça va le faire ! Une petite bouffe arrive, on gonfle le bi, on se lance... et bing ! On tombe dans la terrasse du dessous... Aie, ca fait mal ! Surtout qu’on est attachés, c’est pas très facile de se mouvoir... Ouf, la camera n’a rien ! Moi, je saigne un peu à la cheville mais tant pis, c’est pas grave, on recommence !

On remonte, plein de poussière, réinstalle la voile, sous le regard halluciné des gens venu nous voir décoller et qui doivent se dire que, quand même, c’est dangereux le parapente... Le second essai est impeccable et nous voilà en l’air... ça hurle de joie dans tous les sens !

Nous aussi, on est content. C’est pas évident de monter et on zone un peu a hauteur du “déco”, au plus grand plaisir des villageois. Finalement, les rapaces nous montrent le chemin (merci les copains !) et on arrive a sortir : bye bye tout le monde, on transite.

Le cheminement n’est pas facile et les conditions un peu bizarres : le vent souffle en altitude et désorganise les brises locales. Bref, ça brasse ! Mais on est trop heureux d’être en l air et de se faire encore un beau vol de distance. Durant toutes transitions, le même vautour vole avec nous, juste devant le bord d attaque : il nous trace la route, c est vraiment impressionnant, il ne nous lâche pas d une plume...

Nous apercevons Beshi Sahar au loin (départ des treks dans les Annapurna). Nous espérons pouvoir continuer au delà, mais en arrivant au dessus de la ville, impossible de se refaire sur la petite crête, pourtant bien ensoleillée... Nous atterrissons près de la rivière, en contrebas de la ville. Nous avons juste eu le temps d apercevoir les reliefs alentour : c est de plus en plus bas vers la vallée de Kathmandou...

Aujourd’hui, 14 janvier :

Il ne nous reste plus que 15 jours avant de rentrer en France. Un dilemme s’est imposé à nous : soit on continue a vouloir rejoindre Kathmandou, en sachant que l’on risque de plus marcher que voler vu les reliefs et la jungle, soit on prend le temps de faire un passage dans la chaîne de Mahabarat afin de continuer le vol bivouac dans une nouvelle région du Népal (ou personne n a jamais volé).

Mahabarat nous attire comme un aimant et, même si nous ne savons pas ce que l’on va trouver la-bas, nous voulons absolument y mettre les pieds et tenter d’y voler avant de rentrer...

Nous sommes donc rentrés hier sur Pokhara, afin de récupérer toutes nos affaires, et nous repartons demain, direction Kathmandou puis Mahabarat...

A très bientôt, pour la suite et fin... Guillaume et Jeanne (un peu déçu quand même de ne pas avoir pu avancer plus...)

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